Voyager… Voyager grâce à l’imaginaire, confortablement installé au fond du canapé… C’est ce qui vous est proposé dans cette bulle créative… Direction la Turquie.

Dans le creux des collines turques, Ephèse, célèbre lieu antique, se vêt de son plus bel apparat pour sa réouverture.
La succession d’étoffes rouges flottant dans les airs, étire la grand-rue bien droite de plusieurs dizaines de mètres illusoires. De l’ancien port où les vagues donnent leur dernier soupir jusqu’au théâtre, ici et là, quelques vestiges… des pierres écroulées… des sculptures bondissant d’immenses cubes de pierres… le regard empli d’histoires de Guerre et d’Amour ou vidé par le Temps et l’Ennui…

Un parterre de coquelicots pourpres invite à un détour par la librairie. La façade aux nombreuses colonnes fières, sont soigneusement rangées deux par deux, offrant un abri de goût aux quatre statues imposantes. Le Temps s’est suspendu à leurs lèvres : la Justice regarde au loin la Vertu, l’autre arrogante toise sa voisine la Fortune. Seule la Sagesse caresse les visiteurs de sa bienveillance.
L’atmosphère chante encore les louanges du père Celsius et son savoir, réduit en cendres par les Goth. Le vent souffle à travers les cadres dénudées de leur fenêtre. Des pétales égarées virevoltent et s’évanouissent sur la place. Au centre, un puits buvant comme un trou : désespérément vide malgré la saison des pluies.

Au loin, des échos d’applaudissements se font entendre. Direction le grand Théâtre…
Pas à pas, les échos résonnent. De plus en plus fort. Une véritable ovation…
Une porte dérobée mène à l’arrière de la scène : un minuscule demi-cercle devant un parterre de bancs. Des rangs et des rangs qui s’élèvent sur plusieurs mètres en hauteur. Des tonnerres d’applaudissements toujours… mais sans spectateurs…

D’où viennent-ils ?

L’arène invite à lézarder et à s’asseoir pour deviner cet étrange spectacle qui n’existe plus. Un instant caresse l’horloge du Temps, le marbre glissant habilement sous l’assise du spectateur. Perché sur un banc, Axel bascule dans les méandres temporels et aperçoit la scène illuminée par le jeu des acteurs, tombé dans l’Oubli. Zeus, Poseïdon et autres Dieux grecs jouent leur scène céleste sur Terre…

Subitement, un bruit se fait entendre ; c’est l’heure du réveil. La sieste est terminée.

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